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Crise du logement en Espagne et en Grèce : où investir sans se tromper

21 juillet 2026

5 minutes de lecture

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Les prix des loyers explosent des deux côtés de la Méditerranée. À Madrid, ils ont grimpé de 15,3 % en une seule année. À Athènes, la moindre location longue durée disparaît au profit des touristes. La crise du logement en Espagne et en Grèce redessine deux marchés d'investissement locatif que tout oppose en apparence, mais qui partagent le même moteur : une demande qui dépasse largement l'offre. Pour un investisseur, cette tension crée des opportunités réelles. Encore faut-il savoir où placer son argent, à quel prix, et avec quelle fiscalité. Cet article compare les deux pays sans complaisance, chiffres à l'appui.

Deux pays du Sud, une même pénurie de logements

L'Espagne et la Grèce vivent une crise de logement qui suit des trajectoires parallèles. Dans les deux cas, la demande de logements a explosé pendant que l'offre stagnait, voire reculait dans les centres urbains les plus prisés.

En Espagne, le déficit est colossal. On estime à 1,2 million le nombre de logements manquants pour répondre aux besoins réels de la population. À Madrid et Barcelone, les besoins annuels dépassent parfois le double de ce que le marché parvient à produire. Résultat concret pour les ménages : la part du salaire consacrée au loyer est passée de 38 % en 2019 à 50 % en 2025. La moitié d'un revenu part désormais dans le logement. Un seuil qui, historiquement, marque une tension sociale forte et alimente les débats politiques.

La Grèce présente une situation différente dans les chiffres absolus mais similaire dans la mécanique. Le loyer moyen national tourne autour de 440 euros par mois, un niveau modeste comparé à l'Europe de l'Ouest. Mais à Athènes, la pression est intense. Le mètre carré loué atteint environ 14 euros dans les quartiers centraux. La demande locative locale se heurte à une offre siphonnée par le tourisme et par des années de sous-investissement dans la construction.

Ce qui rapproche ces deux marchés, c'est le déséquilibre structurel. Il ne s'agit pas d'un pic conjoncturel lié à un cycle économique ponctuel. La pénurie s'installe dans la durée. Pour un investisseur, ce décalage entre offre et demande est précisément ce qui soutient les loyers et sécurise les taux d'occupation. Pour aller plus loin, la carte des villes européennes en tension permet de repérer où la pénurie est la plus marquée.

Il existe cependant une nuance importante. En Espagne, les prix immobiliers restent inférieurs d'environ 25 % à leur pic de 2008. Cela signifie qu'un investisseur combine encore un point d'entrée relativement accessible et un potentiel de rendement locatif. En Grèce, le rattrapage des prix est déjà bien engagé après la crise de la dette. Le tableau macroéconomique diffère donc, même si la pénurie de logements est réelle des deux côtés.

Ce qui a fait déraper les loyers à Barcelone, Madrid et Athènes

La flambée des loyers dans ces trois villes ne relève pas du hasard. Elle résulte de deux forces qui se combinent et s'amplifient l'une l'autre. La première vide le parc locatif disponible. La seconde empêche de le reconstituer. Comprendre ces deux mécanismes est essentiel pour évaluer si la tension va perdurer, et donc si l'investissement conserve son sens.

Le tourisme et la location courte durée qui vident le parc long terme

Le premier coupable est identifié partout : la location meublée touristique. Dans les centres de Barcelone, Madrid et Athènes, des milliers d'appartements ont quitté le marché de la location longue durée pour rejoindre les plateformes de courte durée, bien plus rentables au mètre carré.

La logique est implacable pour un propriétaire. Louer à la nuitée à des touristes rapporte souvent le double, parfois davantage, qu'un bail classique à l'année. L'offre destinée aux résidents locaux fond donc mécaniquement. Moins de logements disponibles, plus de candidats : les loyers montent.

Athènes illustre bien ce phénomène. Certains quartiers centraux se sont vidés de leurs habitants permanents au profit d'une offre entièrement tournée vers les visiteurs. C'est ce constat qui a poussé les autorités à réagir dès 2025, comme nous le verrons plus loin. La pression touristique n'est pas un dommage collatéral. C'est le principal moteur de la crise dans les zones les plus valorisées.

Une construction neuve incapable de suivre la demande

Le second facteur agit du côté de l'offre nouvelle. Même si l'on remettait des logements touristiques sur le marché long terme, cela ne suffirait pas. La construction neuve ne suit tout simplement pas le rythme de la demande.

En Espagne, la production annuelle de logements neufs reste très en dessous des besoins des grandes métropoles. La hausse des taux d'intérêt a freiné de nombreux projets, rendant les opérations moins rentables pour les promoteurs. Le déficit de 1,2 million de logements est la traduction directe de ce décalage accumulé pendant des années.

Le problème est structurel. Les délais d'urbanisme, le coût du foncier dans les centres et la rareté des terrains constructibles limitent la capacité à répondre vite. En clair, la pénurie ne se résorbera pas en un ou deux ans. Ce phénomène, loin d'être limité à ces deux pays, touche tout le continent, comme le montre l'analyse de l'effondrement de la construction neuve en Europe. Pour un investisseur, cela signifie que la tension sur les loyers a de fortes chances de se maintenir à moyen terme, ce qui soutient la thèse d'un investissement locatif dans ces zones.

Rendements bruts et nets : ce que révèlent vraiment les chiffres

Les rendements affichés sont le premier argument que l'on brandit pour vanter un marché. Mais ils méritent d'être décortiqués, car la différence entre brut et net change tout dans la décision finale.

En Espagne, le rendement locatif brut se situe généralement dans une fourchette de 3 à 6 % selon la ville et le segment. Certaines estimations le poussent jusqu'à 5 à 7 % dans des configurations favorables. Les grandes métropoles comme Madrid et Barcelone tirent plutôt vers le bas de la fourchette, car les prix d'achat y sont élevés. Les villes secondaires ou la location touristique offrent des rendements supérieurs, au prix d'une gestion plus intensive.

En Grèce, le rendement brut en location longue durée avoisine 6 % par an. Un chiffre attractif sur le papier, porté par des prix d'acquisition encore contenus dans plusieurs villes. La location courte durée peut monter plus haut, mais elle se heurte désormais à un cadre réglementaire plus strict qui rogne cet avantage.

Le piège classique consiste à s'arrêter au rendement brut. Ce chiffre ignore tout ce qui vient réduire le revenu réel : la fiscalité, les charges de copropriété, l'entretien, les périodes de vacance locative, la gestion et les éventuels frais d'agence. Une fois ces postes déduits, l'écart entre brut et net peut être considérable, parfois de deux à trois points de pourcentage.

C'est précisément sur le net que la comparaison devient délicate. Les données nettes fiables et récentes restent rares pour ces deux marchés. Un rendement brut de 6 % en Grèce peut se révéler moins avantageux qu'un rendement brut de 5 % en Espagne selon la structure fiscale applicable à l'investisseur, comme nous allons le voir. Sur ce point, comprendre l'écart entre rendement affiché et rendement dans votre poche est indispensable avant de comparer deux marchés.

Retenez une règle simple. Un rendement brut n'a de valeur comparative que si vous connaissez le régime fiscal, le niveau de charges et le taux d'occupation attendu. Deux biens affichant le même brut peuvent produire des nets radicalement différents. Avant de choisir un marché, exigez toujours une projection nette, poste par poste. C'est la seule base de décision honnête.

Fiscalité pour non-résidents : le vrai écart entre les deux marchés

La fiscalité est souvent le facteur qui fait basculer un arbitrage, et c'est là que l'écart entre les deux pays devient concret pour un investisseur étranger.

Commençons par l'Espagne, dont le régime est le mieux documenté. Le traitement dépend directement de votre lieu de résidence fiscale. Un non-résident domicilié dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen peut déduire certaines charges des loyers perçus avant imposition. Cet avantage réduit sensiblement la base taxable et améliore le rendement net.

En revanche, un non-résident domicilié hors de l'Union européenne subit un régime bien plus lourd. Le taux applicable atteint 24 % sur les revenus bruts, sans aucune déduction de charges possible. Cette distinction est majeure. Pour un investisseur résidant en France, donc dans l'Union européenne, l'Espagne reste fiscalement gérable. Pour un investisseur basé hors UE, la note grimpe fortement.

Cet écart illustre un principe souvent négligé : la nationalité importe moins que la résidence fiscale. Un même bien, un même loyer, mais deux investisseurs de résidences différentes obtiendront des rendements nets très éloignés.

Du côté grec, la situation est plus difficile à cadrer avec précision. La Grèce met en avant une incitation fiscale destinée à réorienter l'offre du court terme vers le long terme. Les logements basculés en location longue durée pourraient bénéficier d'une exonération d'impôt sur le revenu locatif pendant trois ans. Si ce dispositif se confirme et s'applique à votre situation, il représente un levier de rendement net puissant, surtout comparé au régime espagnol pour non-résidents hors UE.

Toutefois, ce point mérite une vérification approfondie auprès d'une source fiscale grecque officielle ou d'un cabinet reconnu avant tout engagement. Les modalités exactes, les conditions d'éligibilité et la durée précise doivent être confirmées cas par cas. Ne fondez jamais une décision d'investissement sur une incitation fiscale non vérifiée.

La conclusion pratique est claire. Avant d'acheter, faites chiffrer votre imposition réelle par un professionnel local, en fonction de votre résidence fiscale et du type de location visé. C'est cette projection, et non le rendement brut affiché, qui détermine la rentabilité effective de votre placement.

Réglementation des loyers : où le risque politique pèse le plus

Investir dans l'immobilier locatif, c'est aussi accepter une exposition au risque réglementaire. Quand une crise du logement devient un sujet politique brûlant, les gouvernements légifèrent, parfois vite, parfois de manière défavorable aux propriétaires. Ce risque doit entrer dans votre calcul.

En Espagne, la pression sociale est forte. Avec la moitié du salaire des ménages absorbée par le loyer, la question du logement est devenue centrale dans le débat public. Le pays s'est doté d'un cadre légal visant à encadrer les loyers dans les zones tendues, avec la possibilité pour les municipalités de plafonner les hausses. L'application concrète de ces mesures reste toutefois inégale selon les régions et les villes. Certaines collectivités ont activé ces dispositifs, d'autres non. Cette incertitude sur la mise en oeuvre effective constitue en soi un facteur de risque à surveiller de près avant d'acheter dans une grande métropole espagnole.

La Grèce a choisi une approche différente, ciblée sur la location courte durée. Depuis le 1er janvier 2025, Athènes limite les nouvelles locations meublées de courte durée dans trois quartiers très touristiques du centre. L'objectif est de rendre des logements au marché long terme et de calmer la tension sur les résidents.

Le pays a franchi une étape supplémentaire avec une loi nationale entrée en vigueur le 1er octobre 2025. Elle impose des normes minimales à tous les biens loués en courte durée : éclairage naturel, ventilation, assurance responsabilité civile, mesures de sécurité incendie, interdiction de louer des sous-sols et taille minimale des logements. Les amendes en cas de non-conformité vont de 5 000 à 20 000 euros. Des contrôles conjoints du ministère du Tourisme et de l'administration fiscale sont prévus, incluant des audits sur place.

Le message est limpide. Un investisseur qui misait exclusivement sur la location touristique en Grèce doit revoir son modèle. La rentabilité de la courte durée est désormais encadrée, contrôlée et potentiellement restreinte selon la localisation. À l'inverse, le pays pousse activement vers la location longue durée, notamment via son incitation fiscale.

En synthèse, le risque politique espagnol pèse surtout sur le plafonnement des loyers en zone tendue. Le risque grec pèse surtout sur la location courte durée. Votre stratégie doit s'aligner sur ces contraintes plutôt que les subir.

Espagne ou Grèce : le verdict selon votre profil d'investisseur

Il n'existe pas de bon marché dans l'absolu. Il existe un marché adapté à votre profil, à votre résidence fiscale et à votre appétit pour le risque. Voici comment trancher selon votre situation.

Si vous êtes résident fiscal dans l'Union européenne et que vous recherchez la stabilité, l'Espagne présente un profil équilibré. Le régime fiscal vous autorise à déduire des charges, ce qui protège votre rendement net. Les prix restant sous le pic de 2008, le point d'entrée demeure raisonnable dans plusieurs villes. La pénurie de 1,2 million de logements soutient durablement la demande locative. Le principal point de vigilance reste l'encadrement des loyers en zone tendue, qu'il faut vérifier ville par ville.

Si vous privilégiez un rendement brut élevé et que vous êtes prêt à vous adapter au cadre réglementaire, la Grèce mérite l'examen. Le rendement brut autour de 6 % en longue durée est attractif, et l'incitation fiscale, si elle est confirmée, peut renforcer nettement le net. La contrepartie est un environnement plus contraint sur la courte durée et un besoin de vérification fiscale plus poussé, faute de données publiques aussi lisibles qu'en Espagne.

Si vous résidez hors de l'Union européenne, l'équation change radicalement. Le taux espagnol de 24 % sur les revenus bruts sans déduction rogne fortement la rentabilité. Dans ce cas, l'orientation grecque vers la longue durée, potentiellement exonérée pendant trois ans, peut devenir plus intéressante. Mais cette conclusion dépend entièrement de la confirmation du dispositif fiscal grec applicable à votre cas.

Si vous cherchez avant tout la liquidité et la simplicité, aucun des deux marchés en achat direct ne vous conviendra pleinement. Acheter un bien à l'étranger implique des frais de transaction élevés, une gestion à distance, une fiscalité complexe et une revente lente. Ces contraintes pèsent lourd, quel que soit le rendement affiché.

Le verdict tient donc en une phrase. L'Espagne convient à l'investisseur européen qui veut de la lisibilité et un point d'entrée mesuré. La Grèce séduit celui qui vise un rendement brut supérieur et accepte un cadre en mutation. Dans les deux cas, l'achat direct reste lourd à porter seul.

Placer son épargne sur ces marchés sans acheter en direct

Acheter un appartement à Madrid ou à Athènes depuis la France relève du parcours du combattant. Il faut mobiliser un capital conséquent, gérer un notaire étranger, ouvrir un compte bancaire local, trouver un gestionnaire de confiance, suivre une fiscalité que vous maîtrisez mal et accepter une revente longue et incertaine. Pour la plupart des épargnants, ces barrières annulent l'intérêt du rendement.

Il existe pourtant des façons de s'exposer à ces marchés sans en assumer toute la lourdeur. Les foncières cotées spécialisées dans l'immobilier du Sud de l'Europe permettent une exposition indirecte, mais elles suivent la volatilité boursière et ne reflètent pas fidèlement la performance d'un actif précis. Les fonds immobiliers diversifiés offrent une mutualisation, mais diluent votre choix dans un portefeuille sur lequel vous n'avez aucune visibilité individuelle.

Une autre approche gagne du terrain : l'investissement fractionné dans des actifs immobiliers réels et identifiés. Le principe consiste à investir un montant modeste dans une opération précise, dont vous connaissez à l'avance le bien concerné, la durée et la rentabilité cible. Vous percevez des revenus liés aux loyers distribués ou aux marges de l'opération, sans porter seul le poids d'un achat complet à l'étranger.

C'est exactement le modèle que propose Shelters. La plateforme donne accès à des opérations immobilières concrètes via des obligations numériques adossées à des biens physiques. Chaque opération est présentée avec le bien identifié, la durée exacte et le rendement cible, avec une fourchette qui va de 8 à 15 % selon la typologie. Vous investissez à partir de petits montants, depuis n'importe quel appareil, après une inscription rapide et une vérification d'identité. Un objectif de liquidité via un marché secondaire est prévu, ce qui répond directement au problème de la revente lente en achat direct.

Autre différence essentielle : Shelters co-investit systématiquement dans chaque projet proposé. La plateforme prend une participation à vos côtés, ce qui aligne ses intérêts sur les vôtres. Elle ne se contente pas de mettre en relation.

La crise du logement en Espagne et en Grèce crée de véritables opportunités d'investissement locatif, portées par une pénurie durable et des rendements bruts supérieurs à ceux de nombreux marchés d'Europe de l'Ouest. Mais l'achat direct reste complexe, fiscalement piégeux et peu liquide. Avant de vous engager, comparez toujours les rendements nets, vérifiez votre régime fiscal réel et mesurez le risque réglementaire de chaque marché. Et si vous voulez capter cette dynamique sans les contraintes de la propriété directe, explorez les opérations disponibles sur Shelters pour investir de façon simple, transparente et fractionnée.

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Shelters est une société spécialisée dans l’investissement immobilier fractionné.

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Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les rendements dépendent des conditions de marché et des actifs sous-jacents.